11 mars 2026

PARIS OUTRAGÉ, PARIS MARTYRISÉ

Les Parisiens élisent un nouveau maire en ce mois de mars 2026. Tout le monde est bien content de se débarrasser de la vieille Hidalgo, notre drame de Paris. Mais la suite ne promet pas le retour des beaux jours... Les affiches promettent la lune, les débats promettent la ruine. Grégoire, Dati, Bournazel, Chikirou, Knafo, Mariani : casting complet d’escrocs du discours, gagne-petits recyclés de la politique politicarde. Le cloaque nauséabond du cosmopolitisme continue de nourrir sa fange. Tout cela occupe l’antenne, mais rate la ville. Et les rats ne sont pas près de quitter le navire.



Car le vrai sujet n’est pas “qui” gérera Paris. Le vrai sujet est “où” commence Paris, et “jusqu’où” il a le devoir de s'étendre. Paris se meurt au XXIe siècle avec sa frontière héritée du XIXe : une coque rigide, serrée, saturée, qui transforme chaque décision en guerre de tranchées. Depuis 1964, l’État découpe puis empile; depuis 2016, la Métropole existe sans décider. Une capitale qui prétend commander, mais refuse d’assumer son territoire. Une incongruité absolue dans le paysage des métropoles mondiales.

Le résultat est visible, net : Paris se fossilise. Ville-musée pour touristes, ville-vitrine pour cadres supérieurs, ville-capsule pour fonctionnaires gâtés. À l’intérieur : réglementation, saleté, immobilisme, et une politique municipale qui confond vertu et contrainte, sans oublier de s'endetter à milliards pour toutes les formes de pédales. À l’extérieur : la majorité métropolitaine avance au pas… mais sans droit de cité. Ceux qui travaillent, soignent, livrent, sécurisent, entretiennent, enseignent — ceux qui font tourner la machine — sont sommés de subir. Subir les choix structurants décidés par l’intra-muros. Subir des transports pensés comme une punition. Subir le logement transformé en loterie. Subir l’idéologie des “bobos” sur l’énergie, l’aménagement, la sécurité, le commerce. Subir la haine crétine de l'auto.

La prise d’otage est indigne : une minorité rentière dicte la forme de la métropole, tandis que la majorité paye en heures, en fatigue, en argent, en kilomètres. Et l’élection parisienne devient la cérémonie qui légitime ce braquage, sans jamais ouvrir la question centrale : l’échelle.

Alors l’ordre des priorités doit être renversé. Avant les slogans, la carte. Avant les alliances, le territoire. Avant les querelles de personnes, une décision : l’agrandissement de Paris.

Paris doit devenir une commune à la taille de la ville réelle : jusqu’à l’A86. Pas un “Grand Paris” de colloques et de sigles, mais Paris étendu au périmètre de vie, à son tissu urbain continu, à son vrai corps organique. Et on donne un bon coup de chirurgie de guerre : suppression de toutes les redondances administratives et politiques. Les doublons coûtent cher, diluent la décision, fabriquent de l’irresponsabilité. Quand tout le monde est compétent, personne ne l’est. Quand tout le monde signe, personne n’assume. Une seule responsabilité, un seul budget, une seule stratégie, une seule planification. La métropole n’a pas besoin d’un millefeuille ; elle a besoin d’un centre de gravité. Alors dehors la Société du Grand Paris, la Métropole, le département, les régies et les commissions mixtes ! Une municipalité agrandie, moins de dix arrondissements, et rien d'autre.

L’organisation urbaine de toute la région doit devenir polycentrique au lieu d’être satellitaire. Fusion forcée autour de pôles puissants : Versailles, Meaux, Cergy, Évry, et les autres nœuds naturels. Chaque commune avec ses compétences claires, sa capacité d’investissement, sa part de souveraineté locale, mais dans une architecture cohérente. Les services d'Etat et locaux, de sécurité, d'éducation, de tourisme seront enfin à l'échelle. Fin de la comédie où tout le monde “coordonne” et personne ne décide. Fin de la manne où tous les prestataires de voirie, de transport, de construction s'en mettent plein les fouilles sur le dos du contribuable francilien.

Et la carte, encore : les infrastructures doivent suivre la géographie réelle. Extension du réseau de transport au bassin parisien élargi : Navigo pensé pour Le Mans, Chartres, Reims, et les axes de vie. Un réseau lisible. Et un nouvel anneau autoroutier de contournement du bassin : pour la logistique, la résilience, la fluidité.
L'aboutissement ? Fusion de l’Île-de-France et de la Haute-Normandie. Une région de puissance, la renaissance de la Neustrie. La Seine s'imposerait comme colonne vertébrale. Le Havre comme débouché : corridor structurel, logistique, industriel, stratégique. Et nouvelle répartition du bâti dans le couloir séquanien, en cessant l'artificialisation des sols. Une capitale sans sortie maritime intégrée est une capitale qui s’étouffe. On arrête de faire semblant avec Haropa Port et on rénove Gennevilliers comme nœud logistique.



Voilà l'enjeu : devenir une métropole au lieu de rester un ghetto bobo insalubre. Tant que Paris restera une boîte trop petite, chaque campagne restera une arnaque, et chaque mandat une rustine sur une cocotte-minute.

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