18 avril 2026

MARATHON DE PARIS 2026 : FIERTE, RELIGION ET SUICIDE GAULOIS - MARTIN HINGIS

Ce dimanche 12 avril eut lieu le cinquantième anniversaire du Marathon de Paris. L’Italien Yemaneberhan Crippa, d’origine éthiopienne, a gagné chez les hommes. Au début le sport était une activité populaire, la choule, donnant le rugby ou le jeu de paume, ancêtre du tennis. Les Anglais n’ont rien inventé, simplement édicté des règles une fois le pouvoir pris après Waterloo (1815).

 

La société de loisirs et de consommation a amené le sport de masse. Les années 1970 et 1980 peuvent être considérées comme l’apogée du sport, il devenait professionnel, organisé. La population découvrait les bienfaits de l’activité physique, le tennis pour les bourgeois, le football, le vélo ou la course à pied pour les pauvres. Une société de plein emploi avec du temps libre à foison, saine car l’argent était limité. Un âge d’or du sport fut cet âge d’argent – rencontre de la gratuité du sport et du développement économique et médiatique assez harmonieux. Avant 2000, le sport en France était ludique et artistique, le french flair en rugby, le prof Prost ou les Brésiliens d’Europe pour le football. Le Capital n’avait pas gagné, la culture de la gagne n’était pas à l’ordre du jour. La France gagnait dans les secteurs qui comptent. La Chine n’est même pas qualifiée pour le Mondial de football.

 

Le chef-d’œuvre absolu du cinéma Marathon man (1976) fit beaucoup pour le développement de la course à pied. La même année, le premier Marathon de Paris eut lieu et compta 126 participants ; le Français étant alors plus porté sur la drague comme sport, et les plaisirs de la table. C’était ce qu’on appelle la douce France. Quand je le fis, ce satané Marathon, en 1999, je trouvais l’inscription de 190 francs – 28 euros – déjà bien élevée pour courir 42 km et 195 mètres un dimanche matin en plein Paris, ce n’est pas un signe d’intelligence extrême, même si l’expérience vaut la peine d’être vécue. Je savais bien que je ne faisais que combattre une dépression qui couvait en m’entraînant, plus l’addiction au tabac. Nous étions 27 000. Je frôlais la barre mythique des trois heures.

 

En dépit d’un temps correct, je ne réitérais pas l’expérience car trop de sacrifices, de bières amicales et d’autres plaisirs de jeunes ajournés. À la limite, la course à pied est un moyen, celui d’être en grande forme physique pour conquérir des femmes. Pour avoir une médaille, faire « un temps », il faut s’entraîner dur, sortir peu, intérêt limité. En 2026 la course à Paris est limitée à 60 000 coureurs, on appelle ça une jauge depuis la novlangue Covid, ce qui fait déjà plus de 10 millions de recettes d’inscription.

 

Et puis 100 000 Gaulois ou 200 000 tous ensemble réunis un matin, ça en fait du monde à surveiller.

 

Le Marathon de Paris est pour résumer le plus grand rassemblement de Gaulois de l’année, voir la vidéo, qui trouvent une « raison de vivre » dans une société sans objectif, avec trop de temps libre et rien pour l’occuper. Pendant qu’il ne fait plus d’enfants, que la femme s’est libérée, il court, le Gaulois sans femme. D’ailleurs on se félicite que 20 000 femmes aient participé cette année. Quel homme normal rêve que sa femme fasse du marathon ?

 

La course n’est plus une activité ludique et personnelle, c’est devenu une appartenance sociale, dont il faut montrer les résultats quotidiennement sur une application, Strava, tout en achetant une paire de chaussures à 500 euros, quand l’entrée de gamme à 18 euros Décathlon fait parfaitement l’affaire.

 

 

La course est une religion où l’homme est sa propre fin, un dimanche matin. Plus personne ne va à la messe ni ne célèbre la Passion du Christ, mais il doit bien y avoir un besoin ontologique de souffrance pour s’exposer gratuitement sans rien à gagner, se faire mal, pour rien, sauf payer les organisateurs du Marathon. La course fait partie de la religion moderne, ce qui relie les hommes. L’homme comme fin en soit. Il suffit de regarder tous les youtubeurs faisant une course parler d’accomplissement, de franchir ses limites, et toutes sortes de conneries répétées sans comprendre. Il n’y a rien de glorieux à courir pour échapper au vide de sa vie, d’ailleurs la star mondial du trail Kilian Jornet le reconnaît intelligemment.

 

Le running est une métonymie du sport moderne que l’on pourrait décliner. Devenu une simple extension du capital dans une société ou l’homme a peu de sexualité – voir Extension du domaine de la lutte –, il l’a maintenant accepté comme norme ; il court pour gérer sa testostérone. Et quand il a franchi la ligne d’arrivée, il a le droit de s’inscrire a une autre course s’il a réalisé le « cut », le temps limite. Reparti pour une nouvelle course. etc. Pour les acharnés du genre, il y a les ultra comme le 100 km, ou l’Iron Man, 3.8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon. L’aventure moderne du Blanc qui n’a plus que ça comme fierté et raison d’être, qui occupe tout son temps et ses économies. Car aujourd’hui tout est fierté en somme. La course à pied est pour résumer la fierté de la masse écrasée par la crise économique et ne se retrouvant pas dans les fiertés gratuites et subventionnées, proposées par la République. Une forme d’ascétisme que l’on s’impose, et que l’on montre au public en participant à une course « officielle ». Il faut toujours une reconnaissance officielle. Une petite passion christique présentée en public, dont tout le monde se fout. Sinon pourquoi courir 42 kilomètres ? Se sentir exister, souffrir avec d’autres gens tout aussi perdus.

 

Ces 60 000 personnes inoffensives déploient une somme d’énergie phénoménale pour accomplir collectivement et individuellement ce parcours. Imaginons que la moitié de ses forces s’unissent, une formidable communauté verrait le jour.

 

Quelques Africains aussi participent, raflent presque toutes les médailles, mais eux c’est pour l’argent. On peut les penser plus intelligents. L’intelligence est une donnée très relative. Un QI de 105 n’est pas un avantage pour tout. À trop réfléchir, on tergiverse trop.

 

Sauf Jimmy Gressier, mais lui est un Africain mentalement, très pauvre, issu d’une famille nombreuse, il était prêt à souffrir comme un Spartiate. Car pour sortir deux médailles mondiales en 2025 dans les disciplines reines du 10 000 et 5 000 mètres, il faut un immense talent, pas mal de réussite, et être prêt à mourir. Un vrai héros fasciste gaulois, Libération se charge de nous le rappeler en cas de doute. Respectueux de la dignité de Geoffrey Epstin, il condamne justement le criminel Gressier – qui est peut-être coupable, là n’est pas le propos.

 


À partir des années 1990, des contrats publicitaires énormes virent le jour, le sport devint une manne financière infinie, pour occuper une population toujours plus oisive, fonctionnarisée donc dépressive, et accrochée aux écrans. La parallèle avec Rome est saisissant mais la modernité raffine les supplices. Si le Romain aimait voir les gladiateurs s’entre-tuer, l’homme moderne court sans raison.

 

Le sport est devenu une religion, dans une société où plus personne ne travaille, où la solitude pèse. La population n’a plus de vrais objectifs à atteindre, le narcissisme est à son comble : la course à pied payante s’impose. En caricaturant, on peut dire que les Blancs occupent le vide leurs existences en faisant des marathons. Et les Africains, moins bêtes, cherchent un débouché économique dans le foot, sommet de la hiérarchie économique en France.

 

Le coureur est peut-être un schizophrène, gauchiste validant toutes les idéologies nouvelles, n’assumant pas son fascisme de coureur de fond.

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